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Quand j’étais petite, nous n’avions pas trop de modèles féminins ; les femmes qui réussissaient étaient soit ‘épouses de’ soit actrices ou chanteuses… Fort heureusement, aujourd’hui, cela commence à changer. Il est très important pour les enfants d’avoir des modèles dans tous les domaines, qui leur permettent de voir représenté chez d’autres personnes ce qu’ils veulent devenir et de pouvoir s’en inspirer. Raison pour laquelle il faut des modèles féminins ; je ne veux pas dire qu’il n’y en ait pas -au contraire, je sais qu’ils sont là-, je veux dire que nous devons les nommer et les situer à la place qu’ils méritent !

Si nous prenons l’exemple du milieu sportif, les filles d’aujourd’hui ont des personnes auxquelles elles peuvent s’identifier. Mais ce n’est pas tout : la politique est un autre domaine dans lequel des modèles féminins commencent à émerger. Nous nous habituons à les voir à la tête de gouvernements, comme Jacinda Ardern, première ministre de Nouvelle-Zélande et référence dans la gestion de la pandémie de la COVID-19, ou encore Sanna Marin, première ministre de Finlande. Nous entendons fort heureusement parler également de femmes ingénieures, chefs d’entreprise, écrivaines, etc. C’est la voie à suivre et elle ne peut s’arrêter là : comme les garçons, les filles d’aujourd’hui doivent avoir des modèles dans tous les domaines professionnels. 

Pour ma part, j’ai deux modèles féminins qui m’inspirent et me touchent. Quand je vous aurai dit lesquels, vous penserez que ces femmes sont aux antipodes l’une de l’autre, mais pour moi, elles incarnent les rôles d’élève et de professeure idéales. La première est Malala Yousafzai, la femme la plus jeune à recevoir le Prix Nobel de la Paix, à seulement 17 ans, pour sa lutte menée en faveur de l’éducation des femmes et des droits civils ; la seconde, Carme Cervelló, ma professeure de français, qui a fait de l’enseignement le centre de son univers. 

Je commence par Malala. Née en 1997 à Mingora, un village du Pakistan, elle commence, à l’âge de 12 ans, à décrire sa vie sous le régime taliban. Elle le fait dans un blog de la BBC sous un pseudonyme, dans lequel elle explique que les filles se sont vu interdire l’accès à l’école et devient une activiste pour l’obtention de leur accès à l’éducation. A 15 ans, elle subit une tentative d’assassinat, ce qui ne l’éloigne pas pour autant de son objectif : la défense des droits civils des femmes du monde entier. Je vous invite à suivre son travail au sein de la Fondation Malala. Pour moi, Malala est le meilleur exemple d’une élève qui valorise l’éducation et l’apprentissage en tant qu’outil de liberté personnelle, étendard qui a été jusqu’à la mettre en danger de mort. 
Je tiens aussi à parler de Carme Cervelló, qui a été ma professeure de français. Petite, je voulais apprendre l’allemand, mais mon père me disait que je devais d’abord apprendre le français. Alors, avec toute la réticence du monde, je commençai à apprendre une langue imposée. Néanmoins, à ma grande surprise et inspiration, j’eus la chance de tomber sur un ange qui enseignait le français avec une passion débordante. Carme était une femme de caractère, avec néanmoins un amour effréné pour la langue française et un dévouement pour ses élèves qui allait bien plus loin que sa salle de classe. Le plus important pour elle était que ses élèves apprennent et elle nous exigeait toujours le maximum, car elle voulait sincèrement le meilleur pour nous. Notre succès, celui de ses élèves, était son propre succès. Carme Cervelló a vécu pour enseigner le français, donnant sa vie à ceux qui passaient par sa salle de classe (il m’était arrivé de la voir corriger les rédactions qu’elle nous demandait de faire chaque semaine tout en déjeunant). Je me souviens et me souviendrai toujours d’elle parce que, d’une part, c’est une personne que je porte dans mon cœur et, d’autre part, parce qu’un enseignant ne peut être important pour un élève si celui-ci ne l’est pas pour lui ; il ne fait aucun doute que Carme me faisait sentir que mes progrès et, par conséquent, moi-même étions importants à ses yeux. Des années plus tard, elle fut la première personne à me donner l’opportunité d’exercer en tant que professeure d’anglais dans son école ; d’elle, j’appris ce qu’était l’effort, le dévouement absolu, l’engagement envers les familles qui vous confient leurs enfants et les élèves qui investissent leur temps, limité, pour apprendre avec vous. Je n’ai que des mots de remerciement pour elle, aussi bien concernant mon époque d’étudiante que celle d’enseignante dans son école. Et au cas où vous vous poseriez la question… Oui, des années plus tard, je commençai à apprendre l’allemand.

Malala et Carme représentent les valeurs de l’apprentissage et de l’enseignement, symbolisant par conséquent les élèves et les enseignants. Lorsque deux personnes de ce genre se rencontrent et coïncident, l’une avec une grande motivation pour apprendre et l’autre avec la même motivation mais pour enseigner, c’est là que se produit la magie. Pour moi, ce sont deux femmes magiques : Malala, qui a risqué sa vie pour apprendre et fait réfléchir des enfants et des jeunes qui ne valorisent pas l’éducation ou qui la prennent pour acquise, et Carme, qui a vécu pour enseigner et inspire tous ceux d’entre nous qui avons le privilège et la responsabilité d’enseigner et d’éduquer. 

A votre tour, maintenant. Dites-nous qui est la femme qui vous a le plus marquées dans la vie !
 

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